La cité de Moulay Idriss prince des âges
A suscité l’émoi du peintre roi des fous
De ce tableau muet surgit la voix des sages
Où les pages froissées sont un verbe andalou.
Deux teintes débridées, le nombre
trône au centre,
Les chiffres d’un démiurge au cœur de sa plastie
Qui bat de tout son sens comme l’happeur au ventre
Ceinte par le cordon de feu ses dynasties.
Douze c’est une année, douze c’est
une enfance
La naissance d’un feu à l’étoile qui vit
Douze siècles de Ciel, de travaux, de patience
Marchant aux douze pieds de mes vers asservis.
Au cœur de sa vision, les prophéties
lucides,
Les paroles des rois aux peuples dévoués
Ruisselantes de ciel, or monotonicide,
Des couleurs et des mots pour ceux qu’il doit louer.
Fès, pour douze cents ans, vole en air
de lumière
Revêtue d’apparats, de flambeaux et de Ciel
Les pages du passé feuilletant tes paupières,
Fès immortalisée d’un geste existentiel.